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En ce début de mois d’avril, « Les nouveaux chemins de la connaissance », émission de France Culture animée par Adèle Van Reeth s’intéresse au cinéaste Ingmar Bergman !

Voici l’introduction au thème consacré au réalisateur suédois, suivis des liens pour écouter les émissions :

« « La création artistique s’est toujours manifestée chez moi comme une faim. Pendant vingt ans, sans me lasser, avec une sorte de fureur, j’ai transmis des rêves, des sensations, des fantasmes, des crises de folie, des névroses, des stases de la foi et de purs mensonges. Ma faim a été sans cesse neuve. Pourtant, l’art est pour moi sans importance. La littérature, la peinture, la musique et le théâtre s’engendrent et se nourrissent d’eux-mêmes : de nouvelles  mutations, de nouvelles combinaisons surgissent et s’anéantissent. Si je prétends malgré tout à continuer à faire de l’art, c’est pour une raison une très simple : la curiosité. Je me sens comme un prisonnier qui, de retour d’une longue peine, débarque soudain parmi les fracas, les hurlements de la vie. L’artiste partage sa condition avec chaque être vivant qui, lui aussi, n’existe que pour lui. En fin de compte, cela crée une assez grande fraternité qui existe au sein d’une communauté égoïste sur notre terre chaude et sale, sous un ciel froid et vide. »

Ingmar Bergman écrit ces lignes en 1965, à 47 ans, une trentaine de films derrière lui et quasiment autant devant lui. Une création affamée donc, c’est-à-dire nécessaire, comme une alternative à sa propre vie qui se mêle de manière incestueuse au monde de ses films. Ce monde est une invention que Bergman ne cesse de revendiquer, un artefact qui se nourrit autant de fiction que de souvenirs, de fantasmes que de traumatismes, de femmes aimées que de vampires, mais qui brise de manière magistrale l’opposition factice et mortifère entre le réel et l’illusion.

Bergman ne traduit pas sa pensée en image,  mais laisse au visage, au vent,  au silence et au rythme le soin de l’entraîner au plus profond de lui-même, et ainsi libère la puissance intenable et jusque là insoupçonnable des démons de l’existence. De répétitions en alternatives, des fantômes en scènes de ménage, de l’amour à la culpabilité, c’est lorsque Bergman fait son cinéma qu’il s’adresse au plus réel, c’est-à-dire au moins connu, en chacun d’entre nous.

Demain, Alain Bergala vous présentera Monika, de l’érotisme insulaire aux affres du couple, mercredi, Sylviane Agacinsky vous parlera du drame des sexes à partir des Scènes de la vie conjugale et de la Flûte enchantée, et jeudi, Olivier Cauly mettra en scène la répétition kierkegardienne des Fraises sauvages et de Fanny et Alexandre. Mais aujourd’hui, nous avons le plaisir d’accueillir Jacques Aumont pour évoquer deux films fantastiques, dans tous les sens du terme, du créateur suédois :L’heure du loup et Persona. »

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